Avec VisionX, j'ai conçu une fausse publicité qui détourne les codes du marketing technologique pour critiquer l'artificialisation croissante de nos vies et de notre regard. Sous couvert d'une promesse d'émancipation, « augmenter » la vision humaine, le projet met en scène l'illusion créée par les grandes corporations (Witz Corporation) qui cherchent à formater notre rapport au réel. Il s'agissait pour moi d'interroger cette dérive : à force de filtrer et de synthétiser le monde à travers des dispositifs artificiels, ne risque-t-on pas de perdre notre ouverture authentique sur ce qui nous entoure ?
Pour incarner cette tension, j'ai travaillé sous Blender sur un contraste brutal entre le vivant et l'industriel. D'un côté, une matière biologique vulnérable, la vascularisation marquée, la sensibilité d'un iris réel et de l'autre, une coque mécanique froide et standardisée en aluminium usiné. La séquence en vue éclatée agit comme un geste de transparence : décomposer l'objet pour exposer ses rouages et désamorcer le fantasme de la machine infaillible, en montrant ce qu'il y a réellement derrière l'artifice.
Sur Premiere Pro, le montage adopte un rythme incisif et calibré pour reproduire la séduction des spots de marque, avant de laisser place au doute. L'accroche « See it by yourself » prend alors un double sens : plus qu'un slogan commercial, c'est une invitation à exercer son esprit critique, à refuser la réalité préfabriquée et à réaffirmer la primauté du regard humain sur la prothèse.